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Journée mondiale du recyclage

17 mars 2022

Le recyclage des EEE, ce n’est pas automatique !

A l’échelle mondiale, on estime à 20% les déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) qui rejoignent effectivement la filière du recyclage. En Europe et en France, celle-ci est mieux structurée avec une réglementation dédiée et un régime juridique spécifique, ainsi que la mise en place d’éco-organismes agréés qui permettent à ce chiffre d’atteindre les 40% environ. Cette structuration continue par ailleurs à s’affiner pour favoriser une prise en charge toujours plus efficiente. Et pour cause, le défi est de taille face à l’augmentation de ces déchets proportionnelle à leur consommation toujours en hausse.

Les DEEE qui y échappent peuvent être entreposés dans les locaux et habitations, détruits sans respect des processus réglementaires ou abandonnés dans les rues et lieux naturels, voire rejoindre des trafics mondiaux dans le pire des cas. Sans compter la pollution et impacts sanitaires et sociaux qui en résultent, ce sont autant de ressources qui ne peuvent être exploitées. En effet, il est possible de réutiliser en tout ou partie les DEEE ou de recycler certaines matières. Ainsi, il est possible de réduire partiellement les besoins d’en produire ou d’en extraire de nouvelles, avec tous les impacts que cela implique.

L’Adico fait sa part concernant les postes informatiques récupérés lors d’un changement de matériel assuré par nos équipes : nous nous sommes rapprochés d’un organisme compétent afin que ceux-ci rejoignent la filière de traitement adéquate.

Il est à noter toutefois qu’en raison des quantités parfois infimes des alliages utilisés et plus généralement de la complexification des EEE, le taux recyclage reste plus ou moins faible selon les composants, dans l’attente d’éventuels procédés qui restent à développer. A défaut de pouvoir être réutilisé en tout ou partie, le reste rejoindra le cycle de la valorisation et de l’élimination. Cela explique pourquoi les experts parlent plus communément de fin de vie des EEE afin de tenir compte de l’ensemble de ces issues.

Allonger la durée de vie des EEE, objectif numéro 1

Face à ce constat, nous ne pouvons que vous recommander de n’orienter un EEE vers sa fin de vie qu’en dernier recours. Et cela d’autant plus que l’un des objectifs principaux pour un numérique plus sobre est d’allonger la durée de vie des EEE. Cela tient au fait que la phase la plus impactante du cycle de vie d’un EEE est celle de sa fabrication, notamment en raison des méthodes d’extraction des matières premières et quantités nécessaires pour le produire (pollution de l’air et des sols, utilisation de produit chimique, consommation d’eau importante…). L’EEE le moins polluant est donc celui qu’on ne produit pas, d’où la nécessité d’utiliser aussi longtemps que possible les EEE existants et leurs composants plutôt que d’en acheter de nouveaux.

Il convient donc en premier lieu de les entretenir régulièrement et de procéder aux maintenances nécessaires, d’opter si possible pour la réparation de l’EEE non fonctionnel ou son réemploi s’il ne répond plus aux besoins de l’utilisateur. Ce réemploi peut se traduire par la réaffectation du matériel en interne vers un utilisateur pour l’usage duquel l’EEE reste adapté.

Le réemploi peut également être externe, par la vente ou le don du matériel à un agent de la collectivité, un établissement scolaire ou encore une association. Dans ce dernier cas, cela doit se faire dans le respect des règles applicables en matière de cession de biens publics et en prenant les mesures appropriées pour assurer la protection des données qui y sont stockées. Cette dernière option est d’ailleurs une obligation pour les collectivités territoriales et leurs groupements qui se séparent d’équipement informatiques encore fonctionnels (de moins de 10 ans) depuis l’entrée en vigueur de la loi REEN aussi appelée loi Chaize (LOI n° 2021-1485 du 15 novembre 2021 visant à réduire l’empreinte environnementale du numérique en France) adoptée en novembre dernier (« dans des proportions, selon un calendrier et suivant des modalités » qui devraient être définis via décret).  

Lorsque l’EEE n’est plus fonctionnel, certains de ses composants peuvent néanmoins être réutilisés par exemple pour améliorer d’autres EEE, prolongeant ainsi l’utilisation de ces derniers (réutilisation des barrettes de RAM pour améliorer la mémoire et les performances par exemple).

Le recyclage du papier, pour être complet

Pensez également au recyclage du papier qui peut avoir plusieurs vies sous réserve d’être correctement collecté et de rejoindre le circuit de traitement adéquat, dans le respect de la réglementation dite du « Tri 5 flux ». A ce titre, nous vous conseillons de prévoir des contenants spécifiques et de veiller à ne pas le froisser afin d’optimiser son recyclage.

Tout comme pour les EEE, c’est l’étape de la fabrication du papier qui est la plus impactante dans son cycle de vie. De la même manière, le papier le moins polluant est donc celui qui n’est pas produit. L’adoption de bonnes pratiques éditoriales ainsi qu’en matière d’impressions reste de ce fait l’étape incontournable !

 

Pour conclure, la gestion des EEE et de leurs déchets mais aussi du papier ne doit pas être négligée. C’est même l’un des principaux leviers à actionner pour un numérique plus sobre. Afin de favoriser l’économie circulaire, les collectivités territoriales et leurs groupements sont par ailleurs soumis à des quotas pour l’achat de ces produits qui doivent désormais être issus du réemploi, de la réutilisation ou intégrer des matières premières recyclées selon des proportions définies par décret, la boucle est bouclée !

Notions clés et ressources :

  • Equipements électriques et électroniques (EEE) et leurs déchets (DEEE) : d’après le Code de l’environnement, il s’agit des « équipements fonctionnant grâce à des courants électriques ou à des champs électromagnétiques, ainsi que les équipements de production, de transfert et de mesure de ces courants et champs, conçus pour être utilisés à une tension ne dépassant pas 1 000 volts en courant alternatif et 1 500 volts en courant continu. » (notamment : les ordinateurs fixes et portables, écrans, téléphones portables, imprimantes et photocopieurs, cartouches d’impression, équipements réseau divers…). Ils font l’objet d’un traitement spécifique en raison de la dangerosité de certains de leurs substances ou composants, mais aussi pour les ressources potentiellement réexploitables qu’ils contiennent.

Pour en savoir plus : voir la page dédiée sur le site du ministère de la Transition écologique.

  • Cycle de vie : pour l’analyse de l’impact environnemental d’un produit ou service, les experts prennent en compte plusieurs facteurs suivant les différentes étapes de leur cycle de vie, de la fabrication, en passant par l’utilisation jusqu’à la fin de vie.
  • Pour aller plus loin, voir la plateforme de l’ADEME qui propose tout un ensemble de conseils et ressources propres aux collectivités territoriales pour allonger la durée de vie des objets de manière générale : https://longuevieauxobjets.gouv.fr/collectivite

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